Masse, équilibre, swingweight : le guide complet des réglages
Dernière mise à jour : il y a 2 heures
Deux cadres du même modèle, sortis du même carton chez un revendeur, ne donnent pas les mêmes sensations. Ce n'est pas une impression : quatre ou cinq nombres diffèrent d'un exemplaire à l'autre, et personne ne les a mesurés.
Ces nombres se mesurent, se calculent et se règlent — c'est précisément pourquoi une raquette Matcheur est réglée à la commande, au dixième de gramme, plutôt que livrée telle qu'elle sort du moule. La tolérance de série ne se subit pas : elle se supprime. Voici lesquels, ce qu'ils décident, et les formules pour les manipuler.
Les grandeurs qui décident
La masse
Le poids total, cordée. Plus de masse : plus de stabilité à l'impact, moins de vitesse de bras. Repères usuels : moins de 285 g légère, 285 à 305 g polyvalente, au-delà de 305 g lourde. Ces bornes situent, elles ne prescrivent rien.
L'équilibre
La distance, en centimètres depuis le talon du manche, du point où la raquette bascule sur un pivot. À 33 cm et au-delà, l'équilibre est en tête : plus de masse loin de la main, plus d'inertie. À 32 cm il est neutre. En dessous, il est en manche : plus de maniabilité.
Le swingweight
La résistance de la raquette à la mise en rotation autour d'un axe situé à 10 cm du talon, en kg·cm². C'est la grandeur que les joueurs sentent le plus, et celle qu'ils connaissent le moins. Au-delà de 330 : stabilité et énergie transmise. En dessous de 310 : maniabilité. C'est elle, et non la masse seule, qui décide de ce que coûte un geste.
Le twistweight
La résistance à la torsion autour de l'axe long de la raquette. Il ne décide de rien tant que vous prenez la balle au centre — et de tout dès que vous la prenez ailleurs. Il monte avec la masse placée en 3h et 9h.
Le recoilweight
Ce que le bras encaisse en retour d'impact. Il se calcule à partir des trois premières grandeurs :
RW = SW − (Masse / 1000) × (Balance − 10)²
Masse en grammes, balance en centimètres, SW en kg·cm².
Le MGR/I
L'indicateur de timing : il rapproche le période de balancement naturel de la raquette de celle du bras qui la porte. La formule exacte est celle-ci — elle circule souvent sous une forme simplifiée et fausse :
MGR/I = ((Masse / 1000) × 980,5 × Balance) / (SW + 20 × (Masse / 1000) × Balance − Masse / 10)
Les formules de lestage
Si vous ajoutez une masse m, en grammes, à une distance d du talon, en centimètres :
Nouvelle masse = masse + m
Nouvel équilibre = (masse × équilibre + m × d) / (masse + m)
ΔSwingweight = m × r² / 1000, avec r = d − 10 (distance à l'axe de rotation)
Exemple, sur une raquette de 300 g équilibrée à 32 cm, longueur 68,5 cm. On ajoute 5 g à 12 h, donc d = 68,5 cm. Nouvel équilibre = (300 × 32 + 5 × 68,5) / 305 ≈ 32,6 cm. ΔSW ≈ 5 × 58,5² / 1000 ≈ 17 points. Cinq grammes bien placés déplacent le swingweight de dix-sept points : c'est énorme, et c'est pourquoi on ne leste pas à l'œil.
Où placer la masse, et ce que ça produit
12 h — le maximum d'effet sur le swingweight et l'équilibre. La zone la plus puissante, et la plus facile à sur-doser.
10 h / 2 h — un compromis : de la stabilité, un swingweight en hausse modérée.
3 h / 9 h — la seule zone qui fait vraiment monter le twistweight. C'est là que se gagne la tolérance hors du centre.
Sous le grip — ramène l'équilibre en manche sans presque toucher au swingweight. C'est le contrepoids qui autorise de charger la tête.
Buttcap — ajoute de la masse sans quasiment rien ajouter au swingweight. C'est le seul endroit où l'on remonte le MGR/I sans toucher au swingweight.
Charger la tête et compenser sous le grip est la combinaison la plus utile du lot : on gagne de la stabilité sans perdre le timing.
Le faire soi-même, et la limite
Le matériel minimum tient en trois objets : une balance au dixième de gramme, un support à pivot pour l'équilibre, et de quoi ajouter de la masse — bande de plomb pour le cadre, pâte de lestage pour le manche et le buttcap. On avance par 1 à 2 g, et on mesure après chaque étape.
La limite est nette : sans machine à swingweight, on règle deux grandeurs sur cinq et on estime les autres. Le simulateur de la page Comprendre calcule les cinq en temps réel à partir de vos valeurs de départ — c'est le moyen le plus rapide de savoir où vous allez avant de coller quoi que ce soit. Et si le cadre lui-même n'est pas le bon point de départ, le configurateur pose les six questions qui décident du réglage.
Quand passer par l'atelier
Vous avez plusieurs raquettes à appairer — c'est de la mesure, pas de l'estimation.
Vous visez un MGR/I cible ou un twistweight donné.
Vous préparez une saison et vous voulez un point de départ documenté, reproductible d'une raquette à l'autre.
Dans ces trois cas, le réglage ProSetup mesure les valeurs sur votre cadre, pose la matière et vous remet le relevé écrit, avant et après ; l'appairage applique la même méthode à deux cadres qu'il faut aligner.
Un réglage n'ajoute pas de niveau et ne corrige pas un geste. Il rend la raquette prévisible — et c'est la seule chose qu'on puisse honnêtement lui demander.
Ces trois valeurs ne se lisent pas seulement : elles se déplacent. Le réglage appliqué à votre propre cadre part du relevé que vous venez de faire et le déplace d'une valeur à la fois.




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