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Quand recorder ? La règle qu'on vous a apprise ne suffit pas

31 août
4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

La règle est connue : recordez autant de fois par an que vous jouez de fois par semaine. Elle a le mérite d'exister, et l'inconvénient de traiter un cordage comme s'il n'avait qu'une seule façon de vieillir.

Il y en a trois, et elles ne tournent pas à la même vitesse.

Horloge 1 — la tension descend

Elle descend dès la pose, vite les premières heures, puis plus lentement. Ce n'est pas un défaut : c'est le comportement normal d'un matériau sous charge. La conséquence pratique est moins connue : le plan que vous jouez au bout de quelques semaines n'est plus celui que vous aviez commandé. Un joueur qui « ne casse jamais » joue souvent depuis des mois un plan qui ne correspond plus à son réglage. Et l'inverse est vrai aussi : un cordage tendu au-delà de sa zone utile a déjà perdu une partie de son réglage avant même de se détendre. Corder haut ne retarde pas l'horloge, cela la démarre plus tôt.

Horloge 2 — la structure s'use

Les cordes frottent les unes contre les autres à chaque frappe. Sur un cordage à arêtes, ce sont les arêtes qui disparaissent en premier — c'est-à-dire exactement ce pour quoi on l'avait choisi. Le cordage n'a pas cassé : il a perdu sa fonction. Un plan dont les cordes restent décalées après la frappe est un plan fini, quelle que soit sa tension. C'est le sujet de l'article sur la structure.

Horloge 3 — la casse

C'est la seule des trois qui se voit, et c'est pour cela qu'on la prend pour la seule. Elle dépend surtout de la jauge et de la quantité d'effet produite. Attendre la casse pour recorder revient à laisser une seule des trois horloges décider pour les deux autres.

Les trois signes qui décident

  • Vos cordes ne se remettent plus droites toutes seules après un échange, et vous les replacez à la main entre les points. La structure est finie.

  • Vous tapez plus fort pour la même longueur de balle. La tension est descendue sous sa zone utile.

  • Vous trouvez la balle « molle » ou « imprécise » sans savoir dire pourquoi. C'est presque toujours l'une des deux premières horloges, et presque jamais le cadre.

Ce que ça change pour la règle

Gardez-la comme plancher, pas comme plafond. Un joueur qui produit beaucoup d'effet use la structure bien avant que la tension ne devienne le problème ; un joueur qui frappe à plat vit exactement l'inverse. La règle des heures ne fait pas la différence entre les deux — vous, si, et en trois secondes de regard sur votre plan.

Le cas du joueur qui ne casse jamais

C'est celui que la règle des heures dessert le plus, et il est très nombreux.

Un multifilament casse avant de mourir : tant qu'il est entier, il joue à peu près comme au premier jour. Un monofilament fait l'inverse — il perd sa tension, ses arêtes s'arrondissent, le snapback cesse, et il peut rester entier pendant des mois. Le joueur n'a donc aucun signal, et il ne change rien.

C'est la raison pour laquelle la matière décide autant que la fréquence : les deux familles ne meurent pas de la même façon. Si vous jouez un monofilament et que vous ne cassez jamais, la casse n'est pas votre horloge — les deux premières le sont.

Ce que la température fait à votre plan

Un cordage est un polymère, et un polymère réagit à la chaleur.

Une raquette laissée dans un coffre de voiture en été, ou contre un radiateur l'hiver, perd de la tension plus vite qu'une raquette rangée à l'abri — et elle ne la récupère pas en refroidissant. Ce n'est pas une perte dramatique sur une journée ; c'est une perte cumulée sur une saison, et elle ne se voit nulle part.

La housse n'est donc pas un accessoire de confort. C'est le seul entretien gratuit d'un cordage.

Recorder les deux raquettes ensemble

Si vous jouez avec une paire, recordez les deux le même jour, avec le même numéro et la même tension.

Une paire appairée dont l'une des deux a trois mois de cordage de plus que l'autre n'est plus une paire : les deux cadres ont la même masse et le même swingweight, et deux plans de cordage différents. Vous retrouverez exactement la sensation d'écart que l'appairage était censé supprimer, sans comprendre pourquoi.

Le geste utile, et la suite

Notez la date de pose. Deux cordages successifs comparés à date connue vous en apprendront plus sur votre jeu que dix avis reçus au bord du court.

Et si l'un des trois signes est là, la décision est déjà prise. Un jeu neuf, du même numéro si le réglage vous convenait — c'est la façon la plus simple de savoir ce que vous jouiez vraiment. Un numéro voisin si vous vouliez déplacer quelque chose. La gamme est ici, du N°1 au N°7, et ses courbes sont publiées : vous saurez à quelle vitesse le vôtre est censé se détendre avant de le poser.


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