Taille de manche : la mesurer, et pourquoi la mesure ne suffit pas
Dernière mise à jour : il y a 2 heures
La taille de manche est le seul réglage de la raquette que votre main touche en permanence, et c'est celui qu'on choisit avec le moins de méthode. On prend « ce qu'il y avait », ou la taille de la raquette précédente, ou celle qu'un vendeur a devinée. Cet article donne les deux méthodes de mesure, leur marge d'erreur réelle, et dit où la convention L0–L5 cesse de suffire.
D'où vient la convention L0–L5, et ce qu'elle mesure
L0, L1, L2 : ces repères désignent la circonférence du manche — le périmètre de la section octogonale, mesuré à mi-longueur, par-dessus le grip d'origine. Chaque échelon vaut un huitième de pouce, soit environ 3,2 mm de circonférence.
L0 correspond à environ 4 pouces (à peu près 102 mm), et l'échelle monte de 3,2 mm à chaque cran jusqu'à L5. C'est tout. La convention ne décrit qu'une circonférence. Elle ne dit rien de la forme de la section, du rapport entre ses côtés, ni de la longueur de la partie que vous tenez réellement.
C'est une information utile et incomplète. Deux manches de même circonférence, l'un plus rectangulaire et l'autre plus carré, ne se tiennent pas de la même façon, et ne se changent pas de prise à la même vitesse.
Les deux méthodes qu'on vous propose, et ce qu'elles valent
La règle de l'index. Prenez la raquette en prise de coup droit. Glissez l'index de l'autre main dans l'espace laissé entre le bout de vos doigts et la base du pouce. S'il entre juste, la taille est cohérente. S'il ne rentre pas, le manche est petit. S'il reste du jeu, il est grand.
La longueur de main. Ouvrez la main, doigts serrés et tendus. Mesurez du pli médian de la paume jusqu'au bout de l'annulaire. La valeur obtenue, en millimètres, donne un ordre de grandeur directement comparable aux circonférences ci-dessus.
Les deux méthodes fonctionnent, et aucune des deux n'est précise. La première dépend de la prise que vous avez adoptée au moment du test — donc du geste, donc du jour. La seconde ignore l'épaisseur de la main et la longueur des doigts, qui varient beaucoup à longueur de paume égale.
En pratique, elles vous placent à une taille près. C'est utile pour éliminer une erreur grossière ; ce n'est pas suffisant pour trancher entre deux tailles voisines. Quand elles ne concordent pas, ce n'est pas un défaut de mesure : c'est le signe que votre main ne tombe pas exactement dans la grille.
Trop petit : la préhension monte, et le coude paie
C'est l'erreur la plus fréquente, et la moins visible. Un manche trop petit ne se sent pas comme un problème : il se sent comme une raquette maniable.
Ce qui se passe est simple. Pour tenir un manche fin sans qu'il tourne dans la main sur un impact décentré, il faut serrer plus fort. Cette force de préhension est produite par les muscles de l'avant-bras, et leurs tendons s'insèrent au coude. Plus la contraction est soutenue, plus la charge est portée haut.
Ça n'a rien d'une fatalité et ça n'explique pas tout, mais c'est une piste à vérifier avant les autres, parce qu'elle est gratuite. C'est l'une des six choses que nous listons dans l'article sur le tennis elbow et la raquette, et c'est celle qu'on saute le plus souvent.
Trop grand : ce que vous perdez au poignet
L'erreur inverse est plus rare et plus facile à sentir.
Un manche trop gros limite la fermeture de la main. La prise devient moins ferme dans les doigts et plus appuyée dans la paume, et deux choses se dégradent : la mobilité du poignet en fin de geste, et la vitesse de changement de prise entre coup droit et revers. Sur les volées et sur un service slicé, ça se voit.
Une règle simple et honnête : en cas de doute entre deux tailles, prenez la plus petite. On peut toujours ajouter de la matière ; on n'en enlève pas.
Ce qu'un surgrip rattrape, et ce qu'il ne rattrape pas
Un surgrip ajoute de l'ordre d'une demi-taille selon son épaisseur, et deux surgrips superposés en ajoutent à peu près une. C'est le rattrapage le moins cher et le plus rapide.
Ce qu'il ne fait pas : il ne change pas la forme de la section. Il l'épaissit uniformément et arrondit légèrement les arêtes, ce qui rend justement les repères de prise moins nets. Si votre problème est que vous ne sentez plus les facettes du manche, empiler du surgrip aggrave la chose au lieu de la corriger.
Il faut aussi savoir qu'un surgrip tassé n'a plus l'épaisseur qu'il avait. Une raquette réglée à la bonne taille avec un surgrip neuf redevient trop petite au bout de quelques semaines, sans que rien d'autre ait changé.
Tailles européennes, tailles américaines
Vous rencontrerez deux notations pour la même chose. L'européenne va de L0 à L5. L'américaine donne directement la circonférence en pouces.
L0 — 4 pouces — 101,6 mm
L1 — 4 pouces 1/8 — 104,8 mm
L2 — 4 pouces 1/4 — 108,0 mm
L3 — 4 pouces 3/8 — 111,1 mm
L4 — 4 pouces 1/2 — 114,3 mm
L5 — 4 pouces 5/8 — 117,5 mm
La méthode de la longueur de main se lit sur la même échelle : une main mesurant 108 mm du pli médian de la paume au bout de l'annulaire tombe sur L2. Ce n'est pas une coïncidence, c'est ainsi que la règle a été construite — ce qui explique aussi sa marge d'erreur.
Deux pièges. Le premier est que certaines marques numérotent leurs grips à partir de 1 pour ce que d'autres appellent L0 : un décalage d'un cran, qui suffit à rendre une raquette inconfortable. Vérifiez la valeur en pouces plutôt que la lettre.
Le second est que la mesure porte sur le manche avec son grip d'origine posé. Un manche remis à nu, ou regrippé avec un cuir plus fin, n'a plus la circonférence annoncée. Sur une raquette d'occasion, mesurez plutôt que de croire l'étiquette.
La forme de la section, et pourquoi les biseaux comptent
Le manche est un octogone. Ses huit facettes ne sont pas décoratives : ce sont les repères qui vous permettent de changer de prise sans regarder votre main.
C'est sur ces biseaux que se définissent les prises. Pour un droitier, la base de l'index posée sur la deuxième facette donne la prise continentale, la troisième la prise de coup droit dite eastern, la quatrième une prise semi-western ; un gaucher lit la même échelle en miroir. Vous ne comptez pas les facettes en jouant : vous les sentez, et c'est cette sensation qui rend le changement de prise automatique.
Tout ce qui atténue les arêtes atténue ce repère. Un surgrip épais, deux surgrips superposés, un manche trop gros pour la main : dans les trois cas, l'octogone devient un cylindre, et le changement de prise devient approximatif. C'est un coût rarement pris en compte quand on épaissit un manche.
C'est aussi la raison pour laquelle deux manches de même circonférence ne se valent pas. Un octogone plus marqué, avec un rapport plus rectangulaire entre ses côtés, donne des repères plus nets et une orientation plus stable dans la main.
Vérifier la sienne en trois minutes
Un protocole simple, à faire une fois, chez vous.
Ôtez le surgrip et notez ce qui est écrit sur le talon : la lettre, et si possible la valeur en pouces.
Mesurez la circonférence du manche à mi-longueur, avec un mètre de couturière, par-dessus le grip d'origine seul. Comparez à la liste ci-dessus.
Faites la règle de l'index en prise de coup droit, puis refaites-la en prise de revers. Si les deux ne donnent pas le même verdict, votre main est entre deux tailles.
Mesurez la longueur de votre main, du pli médian de la paume au bout de l'annulaire, et voyez si les deux méthodes concordent.
Notez tout sur une ligne. Vous en aurez besoin la prochaine fois que vous achèterez une raquette, et vous cesserez de deviner.
Si les deux méthodes se contredisent, ce n'est pas un échec de la mesure : c'est le signal que la grille ne suffit pas pour votre main, et c'est exactement le cas traité dans la section suivante.
Quand la taille seule ne suffit plus
C'est là que la convention s'arrête. Une main large et courte, une main fine et longue, un pouce qui se place haut, une préférence marquée pour une prise très fermée : aucune de ces situations ne se résout en montant ou en descendant d'un cran sur une échelle de circonférence.
C'est la raison pour laquelle nous fabriquons des manches sur-mesure, à votre taille, et à la longueur qui vous convient. Ils sont interchangeables et réajustables dans le temps : si votre jeu change, ou si vous vous êtes trompé d'un cran, le manche se remplace sans toucher au cadre. Le principe et sa fabrication sont détaillés dans l'article consacré au manche.
Si vous commandez une raquette chez nous, la taille et la forme du manche se règlent directement dans le configurateur.
Ce n'est pas indispensable. Pour la grande majorité des joueurs, la bonne taille prise dans la grille, avec un surgrip renouvelé quand il faut, suffit largement. Nous le disons parce que c'est vrai, pas malgré le fait que nous vendions autre chose.
Deux façons de l'obtenir : le manchon seul, que vous posez vous-même, ou la pose à l'atelier, fourniture comprise. Dans les deux cas, il s'adapte à n'importe quelle raquette, pas seulement aux nôtres.




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