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69 RA : ni mou, ni raide — la rigidité honnête

31 août
4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

Le RA est l'un des chiffres les plus mal utilisés du tennis. Il mesure la rigidité du cadre à l'impact — combien le cadre fléchit quand la balle arrive. Les deux extrêmes de rigidité coûtent chacun quelque chose au joueur. Voici pourquoi nous avons fixé toute la gamme adulte à 69.

Ce que pilote vraiment le RA. La rigidité gouverne le rendement (énergie restituée à la balle), le dwell time (le temps de contact) et le confort. Plus raide = plus de restitution et un contact court et vif ; plus souple = un contact long et plus feutré. Ce n'est pas, en soi, de la « puissance » ou du « confort » — c'est un compromis.

Ce que coûtent les deux extrêmes. Monter la rigidité fabrique de la puissance sur le papier : la balle repart d'une plateforme qui ne fléchit presque plus. Le prix est une frappe dure pour le bras et une sensation floue. La descendre fabrique du confort : le contact devient feutré, mais la balle tombe court dès qu'on brosse. Dans les deux cas, un seul chiffre remplace un compromis qui en compte trois — rendement, dwell time, confort.

Pourquoi 69. C'est le plancher honnête du rendement moderne. Le tennis moderne est tangentiel : on brosse pour lifter, et cela coûte de l'énergie linéaire. Il faut assez de rendement du cadre pour garder la longueur — mais pas la raideur qui tue la sensation et le confort. 69 se situe exactement là : assez de réponse pour le geste moderne, sans la dureté. Ni mou, ni raide. C'est vrai pour un bras adulte et un geste construit. La ligne junior est fixée à 55 RA : sur des cadres de 23 à 26 pouces, où la vitesse de raquette est plus faible et l'articulation en croissance, le compromis se déplace, et le cadre doit rendre en souplesse ce qu'il ne rend pas en vitesse.

Le 69 est un point de départ, pas un réglage complet : la masse, l'équilibre, le swingweight et le manche se décident ensuite, dans le configurateur.

Alors, d'où vient le confort ? Pas d'un cadre mou. Il vient du bon réglage (masse et équilibre qui vous relâchent), du bon cordage (qui absorbe et claque) et d'un manche bien ajusté. On retire ce qui vous bride ; on n'ajoute pas de la fausse souplesse.

Au-delà du RA : les deux chiffres qui en disent plus. Le RA est un point unique. Le profil de rigidité (la répartition de la rigidité le long du cadre) et la rigidité en torsion (la résistance du cadre à vriller sur une balle décentrée) en disent bien plus sur le comportement réel d'un cadre. Nous relevons ces profils au banc, cadre par cadre.

Comment le RA se mesure, et pourquoi le chiffre publié n'est pas celui que vous jouez

Le RA se relève sur un cadre nu, non cordé : on applique une charge sur le cadre et on mesure la flèche obtenue. C'est une mesure de cadre, pas une mesure de raquette.

Or vous ne jouez jamais un cadre nu. Le plan de cordage tire en permanence sur le pourtour, et l'ensemble cadre + cordage ne se comporte pas comme le cadre seul. Le chiffre publié situe donc le moule, pas l'objet que vous avez en main.

Deuxième réserve, plus prosaïque : comparer deux RA issus de deux marques différentes suppose qu'ils aient été relevés de la même façon. Rien ne le garantit. Un écart de deux ou trois points entre deux fiches ne dit pas grand-chose ; un écart de dix, si.

Ce que la rigidité ne change pas

  • Elle ne décide pas de la trajectoire. L'angle de la face et l'effet la décident.

  • Elle ne décide pas de l'effet. Le geste le produit, le cordage le transmet.

  • Elle ne décide pas de la stabilité au contact. Ce sont le twistweight et le recoilweight, et ils se règlent par le lestage, pas par le choix du cadre.

Un cadre plus rigide ne « donne » donc pas de la puissance au sens où on l'entend d'ordinaire. Il restitue une part un peu plus grande d'une énergie que vous avez fournie — et il en renvoie une part un peu plus grande dans le bras.

Le cas du bras sensible

Si une gêne est déjà là, descendre en RA est rarement le premier geste, et c'est le plus cher : il impose de changer de cadre.

Deux leviers agissent davantage et coûtent bien moins. Le cordage d'abord : entre un multifilament et un monofilament rigide, l'écart de ce qui remonte est du même ordre que celui entre deux familles de cadres. La tension ensuite, qui ne coûte rien de plus qu'un recordage que vous alliez faire de toute façon.

L'ordre complet, du gratuit au coûteux, est posé dans tennis elbow et raquette.

Pour aller plus loin

Le confort vient du réglage et du cordage, pas d'un cadre mou : le guide masse, équilibre, swingweight traite le premier, la science du cordage le second, et la physique de la raquette situe le RA parmi les autres paramètres. La taille de tamis traite l'autre moitié du choix du cadre.



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