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Tennis elbow et raquette : ce que le matériel peut, et ce qu'il ne peut pas

5 sept.
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 heures

Tennis elbow. C'est le mot que vous avez tapé ; ce n'est pas celui qu'on emploie à l'atelier, où l'on parle d'épicondylite, ou plus prudemment de tendinopathie des épicondyliens. Le nom importe peu. La première chose à dire est la même dans les deux langues : une raquette n'est pas un traitement. Si votre coude vous fait mal, un médecin ou un kinésithérapeute passe avant tout changement de matériel, et rien de ce qui suit ne remplace cet avis.

Ce que le matériel peut faire est plus étroit, et réel. Il peut cesser d'entretenir le problème. Cet article ne parle que de ça : ce que la raquette, le cordage et la tension transmettent au bras, ce qui se mesure, et dans quel ordre on change les choses.

Ce que la raquette ne fera pas

Elle ne soigne pas. Elle ne remplace ni le repos, ni le renforcement, ni le travail sur le geste. Nous ne vendons rien qui promette une guérison, et un produit qui vous en promettrait une devrait vous rendre méfiant.

Elle ne compense pas non plus une technique qui charge le coude. Un revers à une main pris en retard, un service frappé bras tendu, une balle mouillée prise à froid : aucune valeur mesurée ne rattrape ça. C'est le travail de votre entraîneur, pas celui d'un cadre.

Ce qu'elle fait, en revanche, c'est décider de la quantité et de la nature de ce qui remonte du tamis jusqu'à la main. Et là, tout se mesure.

Le cordage, plus décisif que le cadre

C'est le levier le plus fort, et de loin le moins cher. Entre un multifilament souple et un monofilament rigide, à cadre identique et à tension identique, ce qui remonte dans le bras n'a pas la même nature.

Un nom de cordage ne dit rien. Un numéro situe. Notre gamme va du N°1, le plus souple, un multifilament, au N°7, le plus contrôlant, un hexagonal rigide. Les sept sont comparables entre eux parce qu'ils ont été relevés sur le même banc, avec le même protocole : huit modèles, chacun caractérisé par ses courbes d'élongation, pas des adjectifs.

Pour un bras sensible, le N°1 et le N°2 sont les deux à regarder d'abord. Non pas parce qu'ils sont « confortables » — le mot ne mesure rien — mais parce que leur courbe d'élongation montre un allongement plus important sous la même charge : le contact dure plus longtemps et la montée en tension est plus progressive.

Si vous jouez aujourd'hui un monofilament rigide en garniture pleine, l'essai le plus instructif n'est pas de changer de raquette : c'est de faire poser un N°1 ou un N°2 sur le cadre que vous avez déjà, et de rejouer les mêmes matchs.

La tension : le changement qui coûte le moins cher

Il ne coûte rien de plus qu'un cordage que vous alliez faire de toute façon.

Baisser la tension allonge le temps de contact et adoucit la sortie de balle. La crainte habituelle — « je vais perdre le contrôle » — mérite d'être vérifiée plutôt que crue : sur beaucoup de jeux, une tension plus basse rend une trajectoire plus haute et plus sûre, donc plus de balles dans le court. La question de la tension se pose à l'envers de ce qu'on croit.

Deuxième point, moins connu : un cordage perd de sa tension et se déforme bien avant de casser. Un monofilament joué longtemps après sa fenêtre utile devient raide et mort. Savoir quand recorder fait partie du sujet.

Le swingweight et la taille de manche, les deux oubliés

Le swingweight décide de la vitesse à laquelle vous devez mettre la raquette en place. Trop élevé pour votre timing, vous arrivez systématiquement en retard et vous rattrapez avec le poignet et l'avant-bras. Trop faible, la raquette recule au contact et l'impact se prend dans le bras au lieu d'être absorbé par l'inertie du cadre. Ce n'est pas une valeur « confort », c'est une valeur de timing — et c'est celle qu'aucune fiche produit ne vous donne.

Ce que le cadre oppose à ce recul porte un nom, et il se calcule : le recoilweight, RW = SW − (masse/1000 × (équilibre − 10)²) — l'inertie qui lui reste autour de son propre centre de gravité. Sur un cadre de 310 g équilibré à 32,0 cm et mesuré à 320 de swingweight, le recoilweight vaut 170,0. Quatre grammes posés en tête, à 66 cm du talon, le portent à 174,5 : la raquette recule nettement moins — mais le swingweight monte à 332,5, et il faut pouvoir l'emmener. Les mêmes quatre grammes posés dans le manche, à 12 cm, portent le recoilweight à 171,5 et laissent le swingweight exactement où il était, à 320,0 : moins de recul, rien de payé sur le timing. Un gramme n'a pas de valeur en soi. Il n'en a une qu'à un endroit.

La taille de manche agit plus simplement : un manche trop petit augmente la force de préhension nécessaire pour tenir la raquette, et cette force se paie plus haut. Ce n'est pas une question de préférence, c'est une question de forme de main autant que de taille. Nous y consacrons un article entier.

Ces deux valeurs se règlent sur votre propre raquette, sans en changer : c'est ce que fait un réglage ProSetup, avec le relevé des valeurs mesurées avant et après.

La rigidité du cadre : ce que 69 RA veut dire

Le RA est un indice de flexion : on appuie sur le cadre nu, sans cordage, et on relève sa déformation. Ce n'est pas une mesure de ce qui se passe à l'impact, et la valeur publiée n'est jamais celle que vous jouez — c'est une comparaison entre cadres, utile à condition de le savoir. C'est aussi l'un des chiffres les plus mal utilisés du tennis, parce qu'il est poussé aux deux extrêmes et que les deux extrêmes coûtent quelque chose.

Au-delà de 72, dans ce que nous relevons au banc, le cadre fléchit peu. Il restitue beaucoup et vite — c'est joli sur une fiche technique — et il renvoie la vibration dans le bras. Le contact est court et sec.

En deçà de 62, il fléchit beaucoup. On croit gagner du confort ; en réalité une partie de l'énergie reste dans le cadre. La balle tombe court quand on brosse, on compense en forçant, et le bras finit par payer la compensation plutôt que la vibration.

Nos six moules adultes sont tous à 69 RA. Ferme, sans être raide : assez ferme pour que la balle parte sans qu'on force, assez souple pour que le contact ne soit pas sec. Ce n'est pas un compromis mou, c'est une position tenue — pourquoi 69 et pas autre chose est détaillé ailleurs.

Le tamis et le plan de cordage : la géométrie compte aussi

On parle beaucoup de rigidité de cadre et presque jamais de géométrie. Pourtant elle décide d'une partie de ce qui remonte.

Un grand tamis change deux choses à la fois. Il déforme davantage son plan de cordage, donc il restitue plus d'énergie. Et il autorise des impacts plus éloignés de l'axe long du cadre : à vitesse de balle égale, un décentrage de trois centimètres produit un couple deux fois plus grand qu'un décentrage d'un centimètre et demi. Ce que le cadre oppose à ce couple porte un nom — le twistweight, son inertie autour de l'axe long. Un grand tamis en a souvent davantage ; il donne aussi bien plus d'occasions de le solliciter. C'est une valeur qui se relève, et qui se corrige en posant de la masse à trois et neuf heures.

Un plan de cordage ouvert (16×19) laisse les cordes bouger. C'est confortable tant que le cordage est vivant, et ça devient sec quand les encoches se creusent et que le snapback ne se fait plus. Un plan dense (18×20) est plus stable dans le temps mais plus ferme à l'impact.

Aucune de ces deux configurations n'est meilleure pour le bras dans l'absolu. Ce qui compte, c'est la cohérence entre la géométrie, le cordage et la tension. Un 16×19 monté serré avec un monofilament rigide est plus dur qu'un 18×20 monté souple avec un multifilament.

L'antivibrateur ne protège pas le bras, et cela se calcule.

Un impact met en jeu de l'ordre de quatre-vingts joules d'énergie cinétique — une balle de 57 grammes et un tamis qui se rencontrent à plus de cinquante mètres par seconde de vitesse relative. Après la séparation, deux choses vibrent, et ce ne sont pas les mêmes.

Le plan de cordage oscille aux alentours de 550 hertz. C'est ce qu'on entend. Sa masse en mouvement est faible et son amplitude n'est que de quelques dixièmes de millimètre : l'énergie qu'il emporte se compte en millièmes de joule, soit quelques millièmes de pour cent de l'impact.

Le cadre, lui, fléchit vers 140 hertz, avec une masse effective bien plus grande et une amplitude bien plus élevée au niveau du manche. Il emporte environ dix fois plus d'énergie que le cordage — et c'est celle-là, pas l'autre, qui remonte dans la main, le poignet et l'avant-bras.

L'antivibrateur se pose entre deux montants, sous la zone active du tamis. Il amortit le mode du cordage, le seul qu'il puisse atteindre : quelques millièmes de joule sur les quatre-vingts. Il ne touche pas au mode de flexion du cadre — trois grammes ne déplacent pas le comportement modal d'un cadre qui en pèse trois cents.

Ce qu'il fait de mesurable, en revanche, c'est du lestage. Trois grammes posés à quarante centimètres du talon ajoutent 2,7 points de swingweight — ΔSW = m × (d − 10)² — et huit dixièmes de millimètre d'équilibre. C'est peu, mais c'est le seul effet mécanique réel, et il est du côté du réglage, pas du confort.

Nous ne disons pas qu'il faut le retirer. Le bruit et la sensation comptent, et un joueur qui joue mieux parce que le son lui convient a une bonne raison de le garder. Nous disons qu'il ne faut rien en attendre pour le coude.

Quand le matériel n'est pas en cause

Il faut le dire, parce que c'est vrai dans beaucoup de cas.

Le volume. Trois séances par semaine deviennent cinq, ou une reprise après six mois d'arrêt. Le matériel n'a pas changé, la charge oui.

La surface et les balles. Un passage de la terre battue au dur, ou des balles neuves, pressurisées et lourdes, modifient sensiblement ce qui arrive dans le bras — sans qu'aucune valeur de la raquette ait bougé.

Le froid, et l'absence d'échauffement. Un tendon froid encaisse moins bien. Ce n'est pas un conseil médical, c'est une observation d'entraîneur.

Le geste. C'est le facteur le plus lourd et le seul que nous ne traitons pas. Un revers pris en retard, un poignet qui compense, un service bras tendu : aucune valeur mesurée ne compense ça, et personne ne devrait vous vendre le contraire.

Si vous êtes dans l'un de ces quatre cas, changer de cordage vous fera perdre du temps.

L'ordre dans lequel changer les choses

Du gratuit au coûteux. Une seule modification à la fois, et deux ou trois séances entre chaque, sinon vous ne saurez pas ce qui a agi.

  • L'avis d'un professionnel de santé. Avant tout le reste, et ce n'est pas une formule de politesse.

  • Enlever ce qui est mort. Un cordage joué au-delà de sa fenêtre utile, un surgrip tassé, un antivibrateur qui ne change rien : ça ne coûte rien.

  • Changer de cordage pour un N°1 ou un N°2, sur le même cadre. C'est le levier le plus fort, et le moins cher.

  • Baisser la tension de deux à trois kilos au même recordage. Pas davantage, et on juge sur plusieurs séances.

  • Régler masse, équilibre et swingweight sur le cadre que vous avez.

  • Vérifier la taille de manche, et corriger avec un surgrip ou un manche à votre taille si l'écart est réel.

  • Changer de cadre — en dernier, et seulement si les mesures montrent que le vôtre est loin de ce qui vous conviendrait.

Nous n'irons pas plus loin que ça. Nous ne savons pas si votre douleur vient du matériel, du geste, du volume de jeu ou d'autre chose, et personne ne peut le savoir depuis un site web. Ce que nous savons faire, c'est mesurer ce que vous jouez et déplacer une valeur à la fois.

Si votre douleur n'est pas au coude, c'est l'article large qu'il faut lire : toutes les douleurs du membre supérieur au tennis — épaule, poignet, avant-bras —, avec l'ordre général des leviers et leur coût. Et si vous préférez partir des valeurs plutôt que du vocabulaire, le configurateur pose six questions et rend une masse, un équilibre et un swingweight chiffrés.


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