Paintjob : ce que la peinture change, et ce qu'elle ne change pas
Dernière mise à jour : il y a 4 heures
Un paintjob ne change pas la façon dont la raquette joue. La peinture ajoute quelques grammes : on les pèse avant et après, et on les rattrape au réglage, de sorte que l'équilibre, le swingweight et la rigidité reviennent là où ils étaient. C'est la première chose à dire, parce que c'est la seule qui compte pour décider.
Ce qu'il change, c'est l'objet. Un cadre dont les caractéristiques sont intactes mais dont la peinture est partie n'a aucune raison d'être remplacé — sauf une : on n'a plus envie de le sortir du sac. Cette raison-là est réelle, et elle se traite.
Une raquette se remplace souvent trop tôt
Un cadre carbone perd sa peinture bien avant de perdre ses caractéristiques. C'est un décalage inconfortable : l'objet paraît fini alors que l'outil ne l'est pas. Le remplacement règle le problème d'apparence en jetant l'outil ; le paintjob règle le problème d'apparence en gardant l'outil.
La discipline qu'impose une peinture bien faite
La masse ajoutée est mesurée. Une couche de peinture pèse. On pèse avant et après, et on corrige le réglage si l'écart sort de la tolérance.
Le grip et le buttcap sont déposés, pas masqués. Une peinture qui s'arrête au scotch se voit à la première réfection de grip.
Les œillets sont contrôlés à cette occasion : un œillet fendu coupe le cordage bien avant qu'on le remarque.
Aucun logo de marque n'est reproduit. Un paintjob est une peinture, pas une contrefaçon.
Le noir verni sans logo, et pourquoi
Toute la gamme Matcheur sort en noir verni, sans logo. Ce n'est pas une pose : un cadre sans marque ne fait aucune promesse avant d'être joué. Le même principe vaut pour une peinture sur mesure — vous décidez de ce que la raquette raconte, et elle ne raconte rien que vous n'ayez choisi.
Ce qui se peint, et ce qui ne se peint pas
Se peint : le pourtour du tamis, le cœur, les deux branches, la partie visible du manche. C'est la surface sur laquelle une composition se dessine, et elle se découpe en zones — c'est le nombre de zones traitées, et le nombre de couleurs, qui font l'essentiel du travail et donc du prix.
Ne se peint pas : ce qui se remplace. Le jonc de protection et les œillets sont déposés, pas peints : ce sont des pièces d'usure, et les repeindre reviendrait à peindre une pièce destinée à partir. Le talon non plus, pour la même raison.
Ne se peint jamais : un logo de marque, le sien ou celui d'un autre. Une peinture qui reproduit une décoration officielle n'est plus une peinture, c'est une contrefaçon — et le joueur qui la sort du sac ne sait plus ce qu'il tient.
Combien de temps une peinture tient
Une peinture est une couche de quelques dizaines de microns posée sur un objet qui prend la balle, le sol et les montants de filet. Elle s'use, et elle s'use d'abord aux mêmes endroits chez tout le monde : le haut du tamis, qui racle le sol au service, et les flancs à trois et neuf heures, où la raquette frotte contre le sac et contre les autres cadres.
Nous le disons franchement parce que ça se vérifie en six mois. Un vernis de finition ralentit l'usure ; il ne l'empêche pas. Une peinture bien faite sur un cadre bien rangé tient plusieurs saisons ; la même dans un sac où trois raquettes se touchent tient nettement moins.
Ce qu'on vous demandera avant de commencer
Quatre choses, et aucune n'est piégeuse.
Le cadre, avec son modèle : la surface disponible et le découpage en zones n'est pas le même sur tous.
Un croquis ou une référence visuelle, même grossière. On vous répond sur ce qui est réalisable avant que vous validiez, pas après.
La finition : mate ou brillante. Ce n'est pas qu'une affaire de goût — une finition mate marque moins les traces de doigts et pardonne davantage l'usure, une brillante rend mieux les aplats.
Le nombre de couleurs et de zones. C'est là que se joue le temps de travail : chaque couleur supplémentaire ajoute un masquage complet, un séchage et un contrôle.
Quand un paintjob a du sens
Sur un cadre que vous voulez garder : un modèle que vous jouez depuis des années, une paire appairée que vous ne voulez pas déparier, un cadre réparé dont la reprise se voit.
Dans ces trois cas, la peinture sur mesure se commande en ligne. Le dessin s'envoie en croquis avant la commande : on vous dit ce qui est réalisable, et sur quelles zones, avant que vous validiez.
La raquette s'envoie à notre atelier, en Normandie ; les modalités d'expédition vous sont communiquées à la commande. Compter deux semaines.
Il n'en a aucun sur un cadre qui ne vous convient pas. Une peinture ne corrige pas une géométrie : dans ce cas, c'est le réglage qu'il faut reprendre, ou le cadre lui-même qu'il faut revoir — le configurateur répond à cette question-là en six questions.
La peinture se fait à l'atelier, dans l'Orne, sur la raquette que vous envoyez ou que vous apportez — comme le cordage, le réglage et la réparation.




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