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La science du cordage : comprendre et choisir du N°1 au N°7

31 août 2025
4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

Le cordage est la seule pièce de votre raquette qui touche la balle, et la seule que vous remplacez plusieurs fois par an. C'est aussi le seul élément de la raquette que vous remplacez plusieurs fois par an — et pourtant celui qu'on choisit le plus souvent par habitude ou sur recommandation.

Il n'y a rien à croire. Trois grandeurs mesurées suffisent à situer n'importe quel cordage et à prévoir ce qu'il fera dans votre raquette.

1. L'élasticité : ce que le cordage rend

Sous tension, un cordage s'allonge. La quantité d'allongement, et la façon dont elle évolue quand la tension monte, décrivent presque tout. Un cordage qui s'allonge beaucoup emmagasine et restitue davantage : plus de puissance, plus de confort, un temps de contact plus long. Un cordage qui s'allonge peu tient sa géométrie : plus de contrôle, plus de prédictibilité, un retour d'information plus sec.

Ce n'est pas une question de bon ou de mauvais. C'est l'axe qui range la gamme, du N°1 — le plus souple et le plus puissant — au N°7, le plus rigide et le plus orienté contrôle.

2. La densité linéaire : la masse que vous mettez dans le plan

À diamètre égal, deux cordages ne pèsent pas la même chose. Cette masse par mètre change l'inertie du plan de cordage, donc la manière dont il encaisse et renvoie. Elle explique aussi un point que l'on oublie : changer de cordage modifie le swingweight de la raquette. On ne change pas seulement une sensation, on change un réglage.

3. La structure : ce que la corde fait à la balle

Ronde, octogonale, pentagonale, hexagonale, texturée : la géométrie décide de la façon dont la corde accroche la balle et de sa capacité à revenir en place après la frappe — le snapback. Deux règles, sans exception :

  • Un cordage rond ne mord pas. Il glisse, il revient bien en place, il dure. On ne lui demandera pas de créer de l'effet à votre place.

  • Un cordage hexagonal ne glisse pas. Il accroche, il ajoute de l'effet à un geste qui en produit déjà, et il s'use plus vite. On ne lui demandera pas la longévité d'un rond.

Ce que la gamme N°1 → N°7 range vraiment

Un seul axe visible, trois grandeurs derrière. Le N°4 est le point d'équilibre de la gamme, et c'est sa forme qui l'explique : il est octogonal, quand le N°5 est rond. Ce sont ses arêtes qui font la différence : à geste égal, le N°4 accroche davantage la balle, et c'est cette accroche qui le rend généreux pour le plus grand nombre. Le N°5, plus lisse, est le choix de la sensation, du contrôle et de la prédictibilité — et il dure plus longtemps. Le N°4.5, pentagonal, se place entre les deux : en 1,25, sa courbe passe entre celle du N°4 et celle du N°5 sur presque toute la plage. Numéroter plutôt que nommer n'est pas un tic de style : un nom raconte, un numéro situe.

La tension descend, et ça se mesure

Un cordage perd de la tension dès la pose, puis continue. La gamme est relevée jauge par jauge : huit modèles, chacun caractérisé par ses courbes d'élongation, et une jauge encore à venir — le N°4.5 en 1,20, que le module affiche comme non relevée plutôt que d'en interpoler une valeur plausible. Elles sont consultables dans le graphe de la page Comprendre. C'est le genre de donnée qui devrait accompagner tout cordage vendu.

La gamme, rangée

Un axe, huit références, et les jauges réellement disponibles sur chacune. C'est la seule table dont vous avez besoin pour vous situer.

  • N°1 — multifilament, le plus souple et le plus généreux en restitution. C'est l'un des deux à regarder d'abord pour un bras sensible. Jauge : 1,30.

  • N°2 — l'autre choix du bras sensible, un cran plus ferme que le N°1. Jauge : 1,30.

  • N°3 — l'entrée de la moitié contrôle. Jauges : 1,20 · 1,25 · 1,30.

  • N°4 — octogonal. Le point d'équilibre de la gamme, et le plus polyvalent des sept : ses arêtes adoucies accrochent davantage qu'un rond sans s'user comme un hexagonal. Jauges : 1,15 · 1,20 · 1,25.

  • N°4.5 — pentagonal, entre le N°4 et le N°5. Arêtes plus marquées, accroche plus franche, longévité un peu plus courte. Jauges : 1,20 · 1,25 · 1,30.

  • N°5 — rond. Le choix de la sensation, du contrôle et de la prédictibilité, et celui qui dure le plus longtemps. Jauges : 1,25 · 1,30.

  • N°6 — le numéro des casseurs chroniques. Jauges : 1,20 · 1,25 · 1,30.

  • N°7 — hexagonal rigide, le plus contrôlant de la gamme. Jauges : 1,20 · 1,25 · 1,30.

Deux lectures à en tirer. La première : toutes les références ne proposent pas toutes les jauges, donc changer de jauge oblige parfois à changer de numéro — et c'est alors une autre décision. La seconde : le N°1 et le N°2 n'existent qu'en 1,30, ce qui est cohérent avec ce qu'on leur demande, de la souplesse et non de la durée.

Le protocole, en une phrase

Les courbes qui rangent cette gamme sont relevées sur une éprouvette de 180 millimètres, à paliers de tension croissants, même banc et même séquence pour les huit références. C'est cette constance, et elle seule, qui autorise à dire qu'un numéro est plus souple qu'un autre.

Le détail du relevé, ce qu'on en déduit et ce qu'on ne peut pas en déduire sont dans l'article consacré aux courbes.

Ce que ces trois grandeurs ne disent pas

Elles ne disent pas la durabilité. L'abrasion est un quatrième phénomène, qui ne se lit sur aucune des trois, et qui se mesure en séances de jeu plutôt qu'au banc.

Elles ne disent pas non plus le comportement pendant les quelques millisecondes du contact. Le banc travaille en traction lente ; ce que la tension devient à l'impact en est le prolongement, et c'est là que se joue la différence entre deux numéros voisins.

Choisir le vôtre

Trois questions suffisent : quelle sensation vous cherchez à l'impact, quel effet votre geste produit déjà, et à quelle fréquence vous cassez. Le configurateur les pose, et la carte des cordages situe la réponse dans la gamme.

Le banc donne l'allongement sous une traction lente. La frappe, elle, dure quelques millisecondes : ce que la tension devient à l'impact est le prolongement direct de ces courbes, et il explique pourquoi deux numéros voisins ne se comportent pas pareil en jeu.

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