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Corder une raquette de tennis : la méthode en 4 nœuds, pas à pas

il y a 1 jour
8 min de lecture

Une pose de cordage se juge à la frappe, pas à l'œil. Une corde sous-tendue, une corde écrasée par une pince, un cadre qui s'est ovalisé pendant la pose : rien de tout cela ne se voit sur le tamis fini, et tout se sent dans la balle qui sort un peu plus haut, un peu plus court, d'un coup sur l'autre.

La méthode qui suit est celle que l'atelier Matcheur enseigne en formation : la pose en quatre nœuds d'un monofilament, sur un plan de cordage 16 × 19. Elle vaut pour toutes les machines, électronique, à manivelle ou à balancier, à pinces fixes ou volantes, à fixation 2, 4 ou 6 points. Chaque étape existe aussi en version interactive, à ouvrir sur le téléphone à côté de la machine.



Le matériel avant de commencer

  • La machine. Elle tend la corde à une valeur réglée et tient la raquette pendant la pose. Trois familles : électronique (traction constante, réglage au dixième), à manivelle à blocage (la tension est atteinte au déclic), à balancier (un poids sur une barre ; la tension est juste quand la barre est horizontale).

  • Les pinces. Fixes, montées sur une base qui coulisse sur le plateau, ou volantes, qui serrent deux cordes voisines entre elles.

  • La pince de démarrage. Une petite pince indépendante qui bloque un brin au ras du cadre. Elle sert au démarrage des montants et des travers, et de rallonge quand la corde est trop courte.

  • L'outillage. Pince multi-usage, poinçon, guide-corde, pince coupante, réglet.

  • Le cordage, choisi avant. Matière, jauge et tension se décident en amont : quel cordage de tennis choisir et à quelle tension corder.

Combien de corde couper

La raquette sert de règle. On mesure en longueurs de corde centrale, en déroulant la corde le long du tamis, d'un œillet à l'autre :

  • Montants : nombre de montants + 1. En 16 × 19, dix-sept longueurs de montant central. Pliée en deux, cette corde donne deux brins de 8,5 longueurs : huit montants de chaque côté, et la marge du nœud.

  • Travers : nombre de travers − 1. En 16 × 19, dix-huit longueurs de travers central.

C'est un point de départ. La chute dépend de la façon dont chacun tire la corde jusqu'au tensionneur : notez ce qui reste à chaque pose, et retirez une demi-longueur si la chute est généreuse. Pour un 16 × 19, une garniture de 12 m suffit. Si vous cordez souvent, une bobine de 200 m couvre seize poses d'un même lot de fabrication.

Avant de couper la nouvelle corde, déposez l'ancienne en partant du centre du tamis vers l'extérieur, montants et travers en alternance : le cadre se relâche symétriquement. Passez ensuite chaque œillet au doigt. Un œillet fendu coupe la corde en quelques heures de jeu ; il se remplace avant la pose, jamais après.

Installer la raquette sans la déformer

Comptez d'abord les passages du cœur : les trous qui traversent le pont, côté intérieur. Six trous, trois passages : on démarre les montants au cœur. Huit trous, quatre passages : on démarre en tête.

Posez la raquette à plat, manche dans l'axe du berceau, et serrez les appuis dans un ordre précis : d'abord ceux qui la calent dans l'axe, en tête et au cœur, puis les appuis latéraux, par paires symétriques. Sur une fixation 6 points, les deux piliers centraux passent à l'intérieur du cadre. Sur une fixation 2 points, seuls la tête et le cœur sont tenus : l'alternance des montants devient la seule protection du cadre en largeur.

La règle tient en trois mots : au contact, sans forcer. Les appuis empêchent le cadre de bouger ; ils ne doivent pas le mettre en forme. Mesurez la largeur extérieure du tamis une fois la raquette serrée : vous la reprendrez en fin de pose.

Régler les pinces et la tension

Une pince se règle sur une chute du cordage du jour, pas sur la raquette. Fermez-la sur la chute et tirez fort dans l'axe : elle ne doit pas glisser. Ouvrez et regardez : une empreinte légère, sans méplat. Trop serrée, elle entaille le monofilament ; trop lâche, elle laisse filer la tension.

La pince se pose au ras du cadre, dans l'axe de la corde. Quelques millimètres de trop, et la corde se détend entre la pince et l'œillet. Une pince volante se pose de la même façon, sur la corde qu'on vient de tendre et sa voisine déjà tendue.

On pince quand la tension est atteinte et stable. Selon la machine :

  • Électronique : la traction est constante ; attendez une à deux secondes de stabilisation avant de pincer.

  • Manivelle à blocage : tournez d'un mouvement régulier jusqu'au déclic, et pincez aussitôt. Le même rythme à chaque corde fait la précision.

  • Balancier : la tension n'est juste que barre horizontale. Si elle retombe, rattrapez le mou et recommencez.

Quelle valeur régler ? Elle dépend du cordage autant que du joueur : c'est ce que montrent les courbes d'élongation de la gamme.

Démarrer les montants

Les deux montants centraux se posent avec une seule corde pliée en deux. Le milieu de la corde se place sur le pont (trois passages) ou en tête (quatre passages), et chaque brin remonte le long de son montant central.

  1. Pince de démarrage sur le brin droit, plaquée contre le cadre, à l'extérieur.

  2. Brin gauche au tensionneur, mou retiré, puis tension.

  3. Pince sur le premier montant, au ras du cadre, une fois la tension atteinte.

Sans la pince de démarrage, la traction sur le brin gauche ferait glisser la corde à travers le pont, et la pince bloquerait un montant sans tension réelle. La pince de démarrage donne le point fixe. Elle reste en place jusqu'à ce que le premier montant droit soit tendu et pincé.

Remplir le cœur, puis alterner

On tend d'abord les montants qui traversent le pont du cœur, d'un côté puis de l'autre, avant de poser le reste une corde à la fois :

  • Phase 1, le cœur côté gauche : deuxième et troisième montants (et quatrième en quatre passages).

  • Phase 2, le cœur côté droit : premier montant droit, puis on retire la pince de démarrage ; deuxième et troisième.

  • Phase 3, une corde de chaque côté, en alternance, jusqu'aux deux derniers montants.

Le cadre n'a ainsi jamais plus de trois ou quatre montants d'avance d'un côté. Chaque nouvelle corde se tend pendant que la pince tient encore la précédente ; on déplace la pince une fois la tension stable. Avant les derniers montants, vérifiez sur le plan du fabricant s'il y a un trou sauté.

Les quatre nœuds

Une pose en quatre nœuds en compte deux pour les montants et deux pour les travers. Tous suivent la même géométrie : la dernière corde sort de son œillet, court dans le jonc jusqu'au trou de nœud voisin, y replonge, et le nœud se serre autour du brin d'ancrage, la corde déjà tendue qui passe par ce trou. La tension tire le nœud contre l'œillet : c'est l'œillet qui l'arrête.

La corde qui reçoit le nœud se tend 10 % plus haut que les autres, pour compenser ce que le nœud reprend. La pince reste en place jusqu'à ce que le nœud soit serré.

Le Parnell, nœud de référence

  1. Faites une demi-clé autour du brin d'ancrage : dessus, dessous, dans la boucle.

  2. Serrez-la contre l'œillet, brin libre tiré vers le cadre.

  3. Faites une seconde demi-clé, dans le même sens de rotation.

  4. Serrez en arc vers l'œillet, puis coupez à 2 ou 3 mm.

Parce que la première demi-clé est serrée avant la seconde, le Parnell n'étrangle pas le brin d'ancrage. Il est compact, net contre l'œillet, et ne se défait pas.

Les autres nœuds

  • Double demi-clé : les mêmes deux demi-clés, serrées ensemble à la fin. Plus simple à apprendre, plus volumineuse.

  • Nœud Pro : une demi-clé, puis un simple retour dans la boucle. Le plus compact, pour un trou de nœud encombré ; dans un œillet large, le Parnell tient mieux.

  • Nœud de départ : deux tours autour du brin d'ancrage, extrémité repassée dedans. Il démarre les travers sans pince de démarrage et doit être nettement plus gros que l'œillet.

Deux règles valent pour tous : on serre à la main, jamais avec la machine, et toujours vers le cadre. Tirer le brin libre vers l'extérieur desserre le nœud.

Démarrer et passer les travers

Les travers partent toujours de la tête et descendent vers le cœur, du côté indiqué par le fabricant. Trois façons de démarrer le premier :

  • À la pince de démarrage, la plus sûre. On laisse une queue d'une quarantaine de centimètres, bloquée au ras du cadre. Après quelques travers, la queue revient au tensionneur ; on la tend et on la noue d'un Parnell. Les quatre nœuds sont alors identiques, et le premier travers reçoit une vraie tension.

  • Au nœud de départ. Simple, sans accessoire. Le nœud encaisse directement la traction : il doit être volumineux, surtout avec un monofilament glissant.

  • Nœud de départ et pince. La pince encaisse la première traction à la place du nœud. Pour un œillet large ou abîmé.

Ensuite, chaque travers passe à l'inverse du précédent : s'il passait sous un montant, le suivant passe dessus. Tissez un travers d'avance, avant de tendre le précédent : les montants sont encore libres, la corde frotte moins, et une erreur de tissage se voit tout de suite. Tirez la corde en grand arc, perpendiculaire au tamis, sans scier les montants. Le dernier travers se tend à +10 % et se noue dans le trou de nœud côté cœur.

Contrôler la pose

  • Quatre nœuds serrés contre leur œillet, coupés à 2 ou 3 mm.

  • Un motif de travers alterné de bout en bout.

  • Des cordes droites, alignées au poinçon sans forcer.

  • La largeur du tamis, comparée à celle mesurée avant la pose. Un écart de plusieurs millimètres signale un serrage trop fort ou un ordre de tension déséquilibré.

Démontez seulement après le dernier nœud, appuis latéraux d'abord. Un monofilament perd une part de sa tension dans les premiers jours : c'est normal, et c'est pour cela qu'on compare des poses à délai égal. Pour la suite : quand recorder sa raquette. Et si quelque chose a mal tourné : les erreurs de pose, et comment les rattraper.

Questions fréquentes

Pose en deux nœuds ou en quatre nœuds ?

La pose en deux nœuds utilise une seule corde pour tout le tamis ; la pose en quatre nœuds, deux morceaux, un pour les montants et un pour les travers. La seconde est la plus simple à apprendre, la plus simple à mesurer, et la seule qui permette un hybride, avec deux cordages différents. Certains fabricants l'imposent pour leurs cadres. Voir le cordage hybride.

Pourquoi tendre 10 % plus haut avant un nœud ?

Le nœud reprend un peu de corde en se serrant, et la dernière corde, tenue par un nœud plutôt que par la suivante, perd davantage que les autres. Les 10 % compensent cette perte. On ne les applique qu'à la corde qui reçoit le nœud.

Combien de temps faut-il pour corder une raquette ?

Comptez une à deux heures pour les premières poses. Avec l'habitude, entre vingt et quarante-cinq minutes selon la machine. La vitesse vient de la régularité : on gagne du temps en supprimant les reprises, pas en pressant les gestes.

Quelle machine pour commencer ?

Les trois familles posent correctement un cordage. L'électronique tient une traction constante et se règle au dixième ; le balancier tire lui aussi en continu, plus lentement, et demande de surveiller la barre ; la manivelle à blocage est rapide mais exige un geste régulier. Plus que le mode de tension, regardez la fixation de la raquette et la qualité des pinces : ce sont elles qui protègent le cadre et la corde. Le détail : le guide des machines à corder.

Où apprendre avec un formateur ?

L'atelier Matcheur propose une formation accélérée au cordage : environ trois heures pour poser une raquette du début à la fin selon cette méthode, sur machine professionnelle. Et si vous préférez la confier, la pose à l'atelier coûte 12 €, avec votre cordage ou un cordage de la gamme, à Aube, près de L'Aigle.

Le cordage, lui, se choisit avant la pose : la gamme va du N°1 au N°7, du plus souple au plus rigide.



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